Chapitre 50

Il parait que les moments forts de notre vie défilent devant nos yeux lorsque notre mort est imminente. Pour moi, il ne s’était rien passé de tel. Peut-être que ma vie n’était qu’une suite d’événements sans intérêts ou, tout simplement, que ce n’était qu’une façon romantique d’atténuer l’échec d’une vie morne et sans substance. Le film de ma vie n’était qu’un support vierge, formaté. Ce n’était pourtant pas faute de l’avoir bien remplie en très peu de temps, bien plus que la plupart des personnes de mon âge. Il ne s’était rien produit, pas le moindre flash back, pas la plus petite étincelle d’espoir d’une vie après celle-ci pour rattraper mes erreurs, gommer mes regrets et mes moments ratés. Pas la plus petite image de mes êtres chers, mes parents, mes amis. Rien que le vide, l’absence. Samketh avait pressé la détente et il ne s’était rien passé non plus. Mes coups de sabre répétés avait faussés le mécanisme du fusil qui s’était enraillé. Le percuteur était resté coincé, écrasé par le métal tordu. Le chef des mercenaires était hors de lui. Il lança le fusil à l’autre bout du campement dans un geste rageur. Continuer la lecture

Chapitre 49

Samketh me tenait sous la menace de son fusil. A cette distance, il m’était impossible de riposter. La seule option qu’il me restait était de me jeter à couvert avant qu’il s’appuie sur la détente et, même ainsi, je n’étais pas encore sûre d’y parvenir. Il avait été si rapide pour saisir son arme que je n’avais pas même vu le mouvement avant que son geste ne soit achevé. Je m’étais montrée trop naïve et je me retrouvais prise au piège.

– Eh bien ! Eh bien ! On dirait que tu es surprise ? Tu pensais vraiment que j’allais t’affronter à armes égales sans profiter de mon avantage ?

Je regardais autour de moi en cherchant une solution pour me sortir de ce guêpier. Sur ma gauche, à une vingtaine de mètres, se trouvaient les vieux cryotubes empilés. Sur ma droite, à dix mètres environ, il y avait un cabanon écroulé de tôles de plastacier. Samketh m’observait sans bouger. Continuer la lecture

Chapitre 48

Le corps gisait sur le sol avec mon épée plantée dans son dos. Seule la poignée dépassait encore, à tel point qu’on eut dit que la lame était simplement rangée dans son fourreau. Le silence avait repris ses droits dans la forêt et le nuage vert du fumigène se dissipait à peine. Essoufflée, j’avais laissé passer quelques minutes que l’air redevienne respirable avant de m’approcher pour reprendre mon arme. Ce n’est qu’à ce moment-là que j’entendis une voix venant du mercenaire. Mon sang se glaça avant que je ne réalise que sa bouche ne remuait pas. M’approchant un peu plus près, je pus distinguer plus clairement et m’apercevoir qu’il s’agissait du communicateur dans le casque de l’homme. Le lui retirant, je le portais jusqu’à mon oreille pour écouter. Continuer la lecture

Chapitre 47

Les arbres défilaient à toute vitesse autour de moi, au point qu’il me semblait que le paysage devenait flou tant je me déplaçais rapidement. Je n’étais plus très loin de l’ancien camp de Kira dans lequel je pensais pouvoir me battre en utilisant la configuration des lieux à mon avantage. Cependant, malgré cela, je n’eus pas le temps d’atteindre mon objectif avant que les hommes de Samketh ne surgissent, propulsés par leurs ceintures anti-G qui leur permettaient de se déplacer par bonds. Je m’attendais à ce qu’ils arrivent pour essayer de me capturer ou, plus simplement, me tuer, mais certainement pas aussi rapidement. Il ne faisait aucun doute qu’ils disposaient d’un écrasant atout technologique sur moi, en plus d’être en supériorité numérique. Sans même ralentir, les mercenaires ouvrirent le feu dans ma direction en arrosant tout le périmètre. Ils n’étaient apparemment pas décidés à faire dans la finesse. A l’abri derrière un gros tronc, j’attendais le bon moment pour changer de position avant d’être totalement encerclée. Je pouvais entendre le bourdonnement des générateurs de leurs ceintures se déplacer sur mes flancs. La seule option qu’il me restait était de monter. Continuer la lecture

Chapitre 46

Le mercenaire approchait du vaisseau d’un pas rapide, ce n’était qu’une question de secondes avant qu’il n’y parvienne. J’avais probablement déclenché une alarme silencieuse sans m’en rendre compte et il avait été envoyé pour vérifier ce qu’il se passait. Arrivé à une dizaine de mètres, il s’arrêta, appuya sur un sélecteur sous le canon de son fusil, et tira une grenade sous l’appareil. Le projectile rebondit et roula jusqu’à nous avant de diffuser un épais nuage de gaz. J’eus le réflexe de me jeter en arrière en voyant la grenade arriver, mais les deux hommes qui m’accompagnaient n’eurent pas cette vivacité d’esprit face à la menace qu’ils ignoraient. Ils furent enveloppés par le gaz qui se répandait et ne tardèrent pas à s’écrouler. Je ne savais pas s’ils étaient vivants ou morts et je n’avais d’autre choix que de battre en retraite si je ne voulais pas subir le même sort. L’opacité du nuage m’offrit un couvert occultant inattendu dont je profitais pour m’enfuir en courant vers l’endroit qu’où pendait encore la corde à nœuds. Le moment était venu de les attirer sur mon territoire si je voulais reprendre l’avantage à présent que l’effet de surprise était passé. Continuer la lecture