Chapitre 60

Le commandant m’expliqua que l’Hermès avait voyagé sans encombre depuis la Terre jusqu’à Rheïa en un peu plus de 230 années. Comme prévu, le vaisseau avait constamment et progressivement accéléré et utilisé l’effet de catapultage gravitationnel des planètes du système solaire, puis les prototypes de moteurs à propulsion quantique avaient pris le relais. Je n’y connaissais absolument rien et tout ceci était un complet charabia pour moi, mais Ferguson semblait très fier de m’annoncer que nous avions atteint 20% de la vitesse de la lumière, soit un peu moins de 216 millions de km/h. Tout de même ! Je pense surtout qu’il essayait de m’impressionner.

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Chapitre 59

Le commandant Ferguson s’était arrêté au pied du lit et avait posé les deux mains sur celui-ci. Il semblait tendu, à tel point que je pouvais voir les jointures de ses doigts blanchir. Alors que Shepard se tourna pour faire face au nouvel arrivant, je pus voir son dos pour la première fois et remarquer le logo RSI imprimé sur le dos du vêtement en lettres grises. Qu’était-il en train de se passer ? Continuer la lecture

Chapitre 58

J’ouvris les yeux dans une salle assez grande aux murs blancs baignée d’une douce lumière diffuse, entourée d’une dizaine d’autres lits escamotables semblables à celui sur lequel j’étais moi-même allongée. Mes quelques voisins, ils étaient au nombre de trois, étaient inertes et silencieux. Cela ressemblait fortement, à juste titre, à une salle de réveil d’hôpital. J’étais toujours reliée à un moniteur de constantes vitales encastré dans la cloison, mais le son devait avoir été coupé. Le ballet des lignes multicolores formait comme des chaînes de montagnes escarpées, des horizons déchirés qui se répétaient inlassablement, sans cesse redessinés avec une régularité hypnotique. Continuer la lecture

Chapitre 57

La première chose dont je me souvienne c’était ce froid glacial qui m’engourdissait totalement. Je n’avais pas mal. En fait, hormis le froid, je ne ressentais rien. Il n’y avait aucune lumière, aucun son. J’avais l’impression de ne pas avoir de corps, de n’être plus qu’une conscience flottante au milieu de l’espace dont on aurait effacées une à une toutes les étoiles, comme à l’intérieur d’un trou noir. Etais-je morte ?

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Chapitre 56

Le vent, froid et humide, s’était levé. Des nappes de brume flottaient mollement au ras de la surface du lac, laissant entrevoir, par moments, une peau de rides mouvantes. L’eau noire ressemblait à du plomb liquide. Cela ne m’enchantait pas particulièrement de plonger dans cette eau glacée, mais bien que l’idée même me donnait déjà des frissons, je ne pouvais pas prendre le risque de spéculer sur une météo plus clémente. Tel que c’était, le temps risquait d’empirer plutôt que de s’améliorer. Je devais donc le faire pendant que je le pouvais encore. Explorer le fond du lac à l’aveuglette allait déjà être suffisamment dangereux sans ajouter l’hypothermie à la liste. Continuer la lecture