Chapitre 52

C’était encore un autre réveil, une autre cryostase qui venait de prendre fin. Je commençais à perdre mes repères et la notion du temps. Sans Zoé pour me le rappeler et me faire ses rapports, j’aurais été complètement perdue. Cette fois était un peu différente des autres, car j’avais enfin un petit espoir d’être secourue, que mon appel soit entendu. L’inconnue qui subsistait était de savoir combien de temps allait s’écouler avant que quelqu’un n’entende mon SOS, en admettant que le signal ait été assez puissant pour franchir la distance qui me séparait d’une hypothétique colonie terrienne. La Terre était à plus de 200 années-lumière, ce qui voulait dire que si le signal émis était capté par quelqu’un il faudrait attendre autant de temps pour que je reçoive une réponse. J’espérais que la technologie avait suffisamment évolué pour raccourcir ces délais. En effet, je n’étais pas très optimiste quant à la fiabilité du matériel dont je disposais s’il devait endurer encore 400 ou 500 années. Sortie du cryotube, la voix sexy de l’ordinateur de l’Hermès résonna dans le haut-parleur. Continuer la lecture

Chapitre 51

Alors que je tombais en chute libre d’une hauteur vertigineuse, une odeur familière me parvint et, instinctivement, je regroupais mes membres dans une position fœtale juste avant que je ne percute la surface du lac. Ma vitesse fut telle que mon corps s’enfonça de près de dix mètres de profondeur dans les eaux sombres et profondes. Au même instant, une puissante explosion déchira le ciel. Le vaisseau de Samketh fut coupé en deux. L’arrière, proche de l’explosion, fut volatilisé en un million de débris qui se consumèrent en rentrants dans l’atmosphère alors que l’avant plongea vers le sol dans une traînée de feu et de fumée noire. La coque de l’astronef se disloqua sous la pression et d’énormes morceaux se détachèrent, s’éparpillant sur son passage avant de s’écraser dans une gerbe de flammes et de métal chauffé à blanc. Continuer la lecture

Hors Série #3

C’était l’été de l’année 2233. Silwenne et ses amis s’étaient tous retrouvés sur l’archipel d’Hawaï pour fêter leurs diplômes. Pour beaucoup c’était la première fois qu’ils partaient ainsi sans leurs parents, surtout aussi loin. Le petit groupe d’amis était au nombre de huit, trois garçons et cinq filles, tous âgées entre 21 et 24 ans. Il y avait Lysa, Lucile-Ann, Stacy, Kate et Silwenne côté filles, Ted, Brian et Tom côté garçons. Ted et Lysa étaient ensemble depuis six mois, Brian et Stacy depuis deux mois. Les quatre autres étaient célibataires et Tom s’était dit en venant qu’il n’aurait que l’embarras du choix parmi les trois filles restantes. Ce qu’il ne savait pas, c’était qu’il n’y avait guère que Lucile-Ann qui le trouvait à son goût, Kate et Silwenne préférant, semblait-il, rester seules pour le moment. Continuer la lecture

Chapitre 50

Il parait que les moments forts de notre vie défilent devant nos yeux lorsque notre mort est imminente. Pour moi, il ne s’était rien passé de tel. Peut-être que ma vie n’était qu’une suite d’événements sans intérêts ou, tout simplement, que ce n’était qu’une façon romantique d’atténuer l’échec d’une vie morne et sans substance. Le film de ma vie n’était qu’un support vierge, formaté. Ce n’était pourtant pas faute de l’avoir bien remplie en très peu de temps, bien plus que la plupart des personnes de mon âge. Il ne s’était rien produit, pas le moindre flash back, pas la plus petite étincelle d’espoir d’une vie après celle-ci pour rattraper mes erreurs, gommer mes regrets et mes moments ratés. Pas la plus petite image de mes êtres chers, mes parents, mes amis. Rien que le vide, l’absence. Samketh avait pressé la détente et il ne s’était rien passé non plus. Mes coups de sabre répétés avait faussés le mécanisme du fusil qui s’était enraillé. Le percuteur était resté coincé, écrasé par le métal tordu. Le chef des mercenaires était hors de lui. Il lança le fusil à l’autre bout du campement dans un geste rageur. Continuer la lecture

Chapitre 49

Samketh me tenait sous la menace de son fusil. A cette distance, il m’était impossible de riposter. La seule option qu’il me restait était de me jeter à couvert avant qu’il s’appuie sur la détente et, même ainsi, je n’étais pas encore sûre d’y parvenir. Il avait été si rapide pour saisir son arme que je n’avais pas même vu le mouvement avant que son geste ne soit achevé. Je m’étais montrée trop naïve et je me retrouvais prise au piège.

– Eh bien ! Eh bien ! On dirait que tu es surprise ? Tu pensais vraiment que j’allais t’affronter à armes égales sans profiter de mon avantage ?

Je regardais autour de moi en cherchant une solution pour me sortir de ce guêpier. Sur ma gauche, à une vingtaine de mètres, se trouvaient les vieux cryotubes empilés. Sur ma droite, à dix mètres environ, il y avait un cabanon écroulé de tôles de plastacier. Samketh m’observait sans bouger. Continuer la lecture